Comment un vaste réseau de plus de 600 acteurs a-t-il réussi à s’organiser pour servir un mégaprojet dominé par trois niveaux de gouvernement ? Comment les trois niveaux de gouvernement au Canada (fédéral, provincial et municipal) ont-ils établi un réseau pour coordonner les efforts en vue d’accueillir les Jeux Olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver ?
Afin d’identifier les facteurs favorisant une coordination efficace, des universitaires ont étudié le réseau créé pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, en Colombie-Britannique. Créé le 30 septembre 2003, le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) comptait huit divisions principales travaillant à l’organisation des Jeux. Il a été dissous le 31 décembre 2010.
Le COVAN ne disposait que de sept ans pour préparer les Jeux. Il a donc dû faire appel à diverses parties prenantes. Quatre gouvernements ont aidé le COVAN : le gouvernement fédéral canadien, le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique et les gouvernements municipaux de Vancouver (hôte des sports urbains) et de Whistler (hôte des sports de montagne). Avant que le CIO ne l’exige comme bonne pratique, les gouvernements ont signé un accord multipartite (AMP) avec le COVAN pour définir les responsabilités de chaque partenaire.
Chacun des quatre gouvernements a créé un secrétariat ou un bureau des Jeux pour coordonner leurs départements respectifs. Une structure de gouvernance intergouvernementale et interpartenariale (incluant d’autres partenaires des Jeux) a également été créée via la mise en place de divers comités.
Les recherches menées et la comparaison avec l’organisation institutionnelle des Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres 2012 ont permis de dégager neuf thèmes de gouvernance nécessaires à la mise en place d’un réseau efficace de parties prenantes :
- Mécanismes de coordination : les mécanismes et cadres de coordination sont importants et doivent être mis en place pendant la phase d’appel d’offres.
- Engagement interne, dynamisme et motivation : Le succès des relations créées par les mécanismes de coordination dépendait en grande partie des personnes représentant les organisations.
- Transparence externe : la transparence a été utilisée comme un processus externe pour obtenir le soutien du grand public et des médias, et pour contribuer au degré d’engagement de ces parties prenantes.
- Formalisation : pour réussir, le réseau devait formaliser les relations et les responsabilités.
- Équilibrer l’autonomie et l’interdépendance : si les départements et les gouvernements sont techniquement autonomes, ils sont interdépendants dans le cadre de ces mégaprojets limités dans le temps.
- Colocalisation : la colocalisation ou la proximité physique dans un même bâtiment a été identifiée non seulement pour les Jeux de Vancouver 2010, mais aussi pour ceux de Londres.
- Exercices de préparation : pour s’assurer que les mécanismes de coordination, les lignes de communication et les responsabilités des acteurs sont prêts, des exercices de préparation ou des événements tests ont été organisés.
- Alignement politique : l’alignement politique, la continuité ou l’unité ont contribué à soutenir l’objectif global du réseau, garantissant ainsi un processus plus efficace et plus efficient.
- Le temps : l’échéance immuable de la cérémonie d’ouverture des Jeux a permis de créer une dynamique et de pousser les acteurs à travailler ensemble vers un objectif commun.
Source: Adapté de (Parent, Rouillard et Chappelet, 2018[17])















